Grâce aux analyses des technologues médicaux, le médecin peut poser un diagnostic, proposer un suivi et élaborer un plan de traitement. (Photo : La Presse Canadienne)

Travailleurs de l’ombre et profession méconnue du grand public, les technologues médicaux sont essentiels au traitement des patients. Or, le Québec est actuellement aux prises avec une « pénurie critique » de technologues, entraînant des retards dans le réseau de la santé.

Grâce aux analyses des technologues médicaux, le médecin peut poser un diagnostic, proposer un suivi et élaborer un plan de traitement. Environ 85 % des diagnostics et du suivi thérapeutique reposent sur des résultats de laboratoire.

Il existe plusieurs secteurs majeurs de la profession de technologue médical, notamment les banques de sang, la pathologie et la microbiologie.

Chaque année, 208 millions d’échantillons sont traités dans les laboratoires du réseau québécois de la santé.

Pour souligner la Semaine nationale du laboratoire médical, qui se termine le 20 avril, La Presse Canadienne a rencontré plusieurs conférenciers de l’industrie de la santé qui ont souligné l’importance du rôle que jouent les technologues médicaux.

Pénurie critique

Loan Luu, président de l’Ordre professionnel des technologues médicaux du Québec (OPTMQ), estime que la pénurie est critique. Elle a indiqué que 50% des besoins sont actuellement satisfaits.

Selon les données des cégeps pour l’année 2022-2023, les besoins en technologues médicaux étaient estimés à 687, et seulement 327 diplômés ont été recrutés dans le réseau de la santé.

Mme Luu a affirmé que l’OPTMQ travaille avec des agences gouvernementales et d’autres collaborateurs, comme le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), pour trouver un plus grand bassin de travailleurs qualifiés pour aider le réseau.

« D’où l’importance de reconnaître le travail des technologues médicaux, car on veut aussi les retenir », explique-t-elle. Il est important de reconnaître leur contribution et c’est le but de cette semaine nationale de promotion.

Marie-Kim Potvin-Perron, technologue médicale à la banque de sang du CHUM, est quotidiennement témoin de la pénurie de main-d’œuvre.

Elle explique que la banque de sang est ouverte 24 heures sur 24 et qu’au moins deux personnes doivent toujours être présentes le soir et la nuit, notamment en cas d’urgence, par exemple pour une patiente en salle d’accouchement qui pourrait avoir un saignement ou l’urgence immédiate. besoins du bloc opératoire.

« Nous sommes confrontés à des urgences extrêmes », a-t-elle déclaré. Pour un patient chez qui les analyses ne seront pas nécessairement complètes, le produit devra être administré en moins de cinq minutes. Il faut garantir rapidement la sécurité du produit», explique Mme Potvin−Perron.

Il devrait y avoir six technologues dans son département, mais parfois seulement deux font partie du personnel. « Les patrons nous ont dressé une liste de priorités. Lorsqu’on entre en phase rouge, les patrons doivent appeler tous les cadres de bloc opératoire pour annuler les chirurgies, les rendez-vous et les transfusions afin que nous puissions répondre aux demandes d’urgence », a déclaré Mme Potvin −Perron.

Pour Marie−Reine Kouzaili, coordinatrice technique de microbiologie, la pénurie de main d’œuvre dans son service est moins grave, même si elle est là.

« On applique souvent le plan d’urgence. Nous passons au niveau 2 en raison d’un manque de personnel, donc parfois il y a des établis qui sont fermés, a expliqué Mme Kouzaili. C’est certainement difficile du point de vue de la conservation des échantillons et du respect des délais. Nous devons optimiser le temps, l’énergie et le personnel, mais ce n’est pas toujours facile car tout le monde s’épuise.

Malgré les pénuries, Mme Kouzaili et Mme Potvin−Perron sont de véritables passionnées par leur travail. « Nous sommes des gens passionnés qui faisons de la recherche, résolvons des problèmes, qui ont un réel impact sur le traitement des patients », a déclaré Mme Potvin-Perron.

“C’est vrai qu’on travaille dans l’ombre”, reconnaît Mme Kouzaili. Nous n’avons aucun contact direct avec le patient, donc le patient et sa famille ne nous voient pas. Pour nous, la satisfaction que nous obtenons lorsque nous faisons notre travail et pouvons obtenir notre résultat dans un délai acceptable est lorsque nous maintenons la qualité des échantillons et qu’en fin de compte, le patient obtient le résultat attendu par le médecin. »

Promouvoir le métier

Les médecins ont également souligné l’importance du rôle des technologues médicaux.

Par exemple, en pathologie, le technologue reçoit des échantillons de biopsie. Il doit s’assurer que le préservatif est placé dans le bon préservatif pour que l’analyse puisse être effectuée. Il y aura plusieurs étapes avant de procéder à la découpe, notamment s’il est nécessaire de ramollir un morceau d’os ou de durcir un autre type de tissu afin de le couper correctement.

“Il faut des connaissances très importantes en anatomie pour couper la bonne section et trouver la maladie que l’on recherche”, explique le Dr. Issa−Chergui, président de l’Association des pathologistes. La coupe doit être droite et homogène, puis la lame doit être colorée et le bon contraste appliqué.

Dr. Issa−Chergui souligne que chaque échantillon est précieux. Nous ne pouvons pas simplement revenir en arrière et chercher un morceau de tumeur, par exemple.

Dr. Issa-Chergui estime qu’il faut mieux valoriser ce métier qu’elle qualifie d’essentiel. « Nous voyons les médecins, les infirmières et le personnel soignant qui sont en contact direct avec le patient, mais nous ne réalisons pas que derrière chaque diagnostic, il y a chaque diagnostic. traitement, il y a un test de laboratoire et c’est un technologue médical qui le fait. Nous devons vraiment promouvoir ce rôle très important. Le diagnostic est souvent posé en laboratoire.

Dr. Cécile Tremblay, directrice médicale du département de microbiologie du CHUM, abonde dans le même sens.

« Le rôle des technologues médicaux est extrêmement précieux », dit-elle. On pense souvent que lorsqu’on commande un test de laboratoire pour diagnostiquer ou suivre un patient, il suffit d’insérer un tube dans une machine et on obtiendra un résultat. Mais en réalité, ce n’est pas le cas. Il faut une expertise particulière pour identifier correctement les microbes, identifier leur sensibilité aux antibiotiques et poser un diagnostic précis.

Dr. Tremblay, qui est également professeur au Département de microbiologie, d’infectiologie et d’immunologie de l’Université de Montréal, souligne que la profession comporte de nombreuses facettes.

« Les gens peuvent utiliser des instruments, apprendre beaucoup de choses sur la bactériologie et contribuer au bien-être des patients, et cela est sous-estimé », dit-elle. Et malheureusement, il n’y a pas assez de personnes en formation pour répondre aux besoins que nous avons et cela pose de réels problèmes au sein du réseau.

Selon les docteurs Tremblay et Issa-Chergui, il faut mieux promouvoir la profession pour attirer une relève compétente. Le public gagnerait à savoir ce qui se passe derrière les portes des laboratoires des hôpitaux, pour comprendre à quel point le travail qui y est effectué est crucial pour le patient.

Le contenu sur la santé de la Presse canadienne est financé grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable des choix éditoriaux.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne



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