Ces plaintes de patients et ces rapports de cas avaient incité les autorités sanitaires, dont l’Agence européenne EMA, pour étudier cette connexion possible. Cette nouvelle analyse montre que les patients traités par sémaglutide ont en réalité un risque d’idées suicidaires 49 à 73 % inférieur par rapport aux patients recevant d’autres médicaments contre le diabète et/ou l’obésité.

Le sémaglutide est devenu un médicament très populaire pour traiter l’obésité et le diabète de type 2 en relativement peu de temps. Le sémaglutide aide à réguler l’appétit et les niveaux d’insuline en ciblant les récepteurs peptidiques de type glucagon.1 (GLP1R)

L’étude a examiné les dossiers médicaux électroniques de 240 618 patients obèses ou en surpoids, âgés en moyenne de 50 ans, dont 73 % de femmes, et à qui du sémaglutide ou un autre médicament amaigrissant a été prescrit entre juin 2021 et décembre 2022. Au sein de ce groupe, 232 771 participants n’avaient aucun antécédent de pensées suicidaires et 7 847 patients en avaient. Les chercheurs ont également validé leurs résultats chez 1 589 855 patients atteints de diabète de type 2 qui ont également reçu du sémaglutide ou d’autres médicaments contre le diabète et l’obésité, entre décembre 2017 et mai 2021. Ce groupe comprenait 1 572 885 patients sans et 16 970 patients ayant des antécédents d’idées suicidaires. Les participants ont été suivis pendant au moins 6 mois après la prescription du traitement. L’analyse montre que :

  • les patients recevant du sémaglutide pour perdre du poids ont un risque de 0,11 % d’idées suicidaires pour la première fois et de 7 % de récidive ;
  • les patients recevant d’autres médicaments contre le diabète et l’obésité présentaient respectivement un risque de 0,43 % et de 14 % d’idées suicidaires pour la première fois ou récurrentes ;
  • chez les participants diabétiques de type 2, la prescription de sémaglutide était associée à un risque de 0,13 % d’idées suicidaires pour la première fois et à un risque de 10 % d’idées suicidaires récurrentes, contre 0,36 % et 18 %, respectivement, pour les autres médicaments ;
  • Même sur des périodes de suivi plus longues, le sémaglutide reste associé à un risque plus faible d’idées suicidaires.

En conclusion, le sémaglutide ne semble donc pas augmenter le risque d’idées suicidaires, contrairement à certains rapports anecdotiques. Toutefois, les auteurs soulignent la nécessité d’une évaluation plus détaillée et à plus long terme de cette association.

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