L’Organisation mondiale de la santé a exprimé son inquiétude mardi face à la propagation rapide de la rougeole dans le monde. Plus de 306 000 cas ont été signalés l’année dernière, soit une augmentation de 79 % en un an.

En raison de cette hausse, “nous nous attendons également à une augmentation des décès en 2023”, mais les données ne seront disponibles qu’en novembre, a déclaré Natasha Crowcroft, conseillère technique sur la rougeole et la rubéole à l’OMS, lors d’une conférence de presse.

Également une épidémie en Europe

En février, l’OMS s’est inquiétée de l’épidémie de rougeole sans précédent en Europe, avec plus de 30 000 cas entre janvier et octobre 2023, contre moins de 1 000 l’année précédente.

L’OMS pointe plusieurs facteurs pour expliquer cette épidémie. Comme « la reprise des voyages et des déplacements nationaux et internationaux » sur fond de « levée des mesures sanitaires », explique-t-elle. Mais surtout, elle dénonce la « baisse des taux de vaccination entre 2020 et 2022 », avec une augmentation notable du nombre d’enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés (une dose au lieu de deux).

Une vaccination très efficace

Le vaccin « ROR » (rougeole-oreillons-rubéole) remonte aux années 1970. Il a été recommandé (et donc remboursé) pour la première fois en France dans les années 1980, mais est devenu obligatoire pour les nourrissons en 2018.

Au niveau local, il est important qu’au moins 95 % des enfants soient vaccinés pour prévenir d’éventuelles épidémies si le virus est importé. En 2022, seuls 92 % des enfants européens avaient reçu une deuxième dose de vaccin.

Une maladie loin d’être bénigne

Mais la désinformation sur les vaccins et « l’hésitation à l’égard des vaccins ont conduit à un déclin dans plusieurs pays », avec « la résurgence à laquelle nous assistons aujourd’hui », comme le déplorent de nombreux professionnels de santé.

La rougeole a « une fausse réputation de maladie infantile bénigne. C’est en fait l’une des principales causes de cécité infantile dans le monde. La rougeole est aussi souvent compliquée par des surinfections bactériennes, des otites mais aussi des pneumonies, qui auraient pu, dans le passé ou plus récemment, tuer de nombreux petits malades dans les pays les plus pauvres de la planète », rappelle Antoine Flahault.

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