Pour améliorer la prise en charge de la dépendance aux opioïdes, les Ordres des médecins et des pharmaciens ont publié mardi une mise à jour de leurs recommandations en matière de traitements de substitution. L’objectif est de « garantir des soins efficaces/de qualité, sous contrôle et conformément à la réglementation en vigueur », précisent les deux décisions dans un communiqué.

« Mieux répondre à la réalité du terrain »

Selon une estimation, plus de 177 000 patients ont reçu des médicaments de substitution aux opioïdes en 2019, dans des centres de médecine communautaire, des prisons et des centres de traitement, de soutien et de prévention des addictions. “Les conduites addictives nécessitent une prise en charge structurée et réglementée, qui nécessite une bonne coordination depuis sa prescription par les médecins jusqu’à sa dispensation par les pharmaciens”, a souligné Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, citée dans le communiqué. La mise à jour des recommandations vise à « faciliter leur mise en œuvre » et à « mieux répondre aux réalités du terrain », a-t-elle ajouté.

Le nouveau document contient notamment un tableau de tous les médicaments de substitution à base de buprénorphine, de méthadone ou de naloxone, avec pour chacun la posologie, la posologie, les conditions de prescription et d’administration, les conditions de prescription et de délivrance. Tramadol, oxycodone, morphine, fentanyl… Des millions de Français se voient prescrire des analgésiques opioïdes, des analgésiques puissants mais très addictifs, dont l’utilisation suscite l’inquiétude des professionnels de santé.

La prescription d’analgésiques opioïdes est très réglementée en France

Aux États-Unis, les opioïdes ont provoqué une crise sanitaire massive au cours des dernières décennies, notamment avec le fentanyl. « Même si la consommation d’opioïdes en France n’atteint pas aujourd’hui les niveaux des États-Unis ou de l’Angleterre, elle augmente néanmoins », notait en 2022 la Haute autorité de santé publique dans des recommandations aux médecins pour « minimiser » les prescriptions.

La prescription des antalgiques opioïdes en France est très réglementée : délivrance sécurisée des ordonnances pour certaines substances, durée maximale de prescription, suivi régulier des patients… Mais plusieurs patients assuraient il y a quelques mois à l’AFP avoir bénéficié de prescriptions hors délais.

Autre défi souligné par les spécialistes : l’identification des addictions et le délai d’arrivée des patients dépendants dans un centre spécialisé. L’hypothèse selon laquelle les patients toxicomanes qui ne peuvent plus se procurer de médicaments se tourneront vers d’autres sources, principalement illégales, faute de soins adaptés, suscite également des craintes parmi les autorités.

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