LIVER-TRACK est un programme visant à développer deux types de tests pour les patients atteints de cirrhose : l’un pour prédire le risque de décompensation et l’autre pour prédire le risque de développer un cancer du foie. Tous deux reposent sur l’utilisation de vésicules extracellulaires comme biomarqueurs.

La cirrhose est une maladie caractérisée par des lésions chroniques du foie, entraînant la destruction des cellules et la formation de cicatrices fibreuses, qui entraînent progressivement la perte de la fonction de cet organe aux multiples fonctions vitales : épuration du sang, digestion, stockage et transformation. de nutriments, sécrétion d’hormones. Cette pathologie dite « silencieuse » touche environ 400 000 personnes en France. Elle reste longtemps asymptomatique et peut éventuellement entraîner deux types de complications différentes :

  • décompensation : un groupe d’affections pouvant entraîner des saignements digestifs ou une accumulation de liquide dans l’abdomen, appelés ascite, ou des troubles cérébraux, appelés encéphalopathie hépatique ;
  • cancer du foiequi se manifeste par une prolifération agressive et anarchique de cellules malignes.

« L’identification des personnes présentant un risque élevé de cancer du foie remplacera le dépistage standard du cancer par des échographies tous les six mois pour les patients bénéficiant d’une IRM biennale plus efficace. Toujours en ce qui concerne le test prédictif de décompensation, les patients à risque ne seraient pas suivis par un médecin généraliste ou un infirmier, mais bénéficieraient d’une prise en charge par des hépatologues spécialisés dans les centres hospitaliers. » indique Pierre-Emmanuel Rautou, professeur à l’université Paris Cité et hépatologue à l’hôpital Beaujon AP-HP.

« À l’Institut Curie, grâce à notre plateforme de spectrométrie de masse protéomique dotée de technologies de dernière génération et dotée de puissants instruments d’intelligence artificielle, nous allons démarrer la première phase du RHU Liver-Track, qui consiste à analyser des échantillons extracellulaires de vésicules contenant ont été prises chez des patients. Notre expertise et nos équipements de haute qualité permettront d’identifier de nouveaux biomarqueurs qui, nous l’espérons, seront la source de tests prédictifs pour les personnes souffrant de cirrhose », déclare le Dr Damarys Loew, responsable de la plateforme de spectrométrie de masse protéomique CurieCoreTech à Institut Curie.
Le programme LIVER-TRACK se concentre sur l’identification précoce des individus à risque de développer des symptômes et des complications associés à la cirrhose. À terme, le programme pourra offrir aux patients atteints de cirrhose des soins personnalisés, notamment en ajustant la fréquence et la nature des examens de suivi. La mise en œuvre de ces tests prédictifs repose sur l’utilisation d’outils technologiques issus de précieuses collaborations entre la recherche académique et le secteur industriel pour mesurer les vésicules extracellulaires.¹dans la circulation sanguine.
Les résultats de ce programme seront validés dans des essais cliniques impliquant plus de 4 600 patients. L’objectif ultime de LIVER-TRACK sera de commercialiser ces tests, initialement développés dans un laboratoire de recherche, et de les intégrer dans des laboratoires d’analyses médicales.

LIVER-TRACK est coordonné par l’Inserm et rassemble huit partenaires : l’AP-HP, l’Université Paris Cité, Sorbonne Paris Nord Université, l’Université de Tours, l’Institut Curie, les sociétés BioPredictive et Abbelight, avec son projet spin off Evolve, ainsi que l’Association française pour l’étude du foie (AFEF).

1. Fragments de petites cellules libérés par les cellules en détresse du corps ; De par leur composition, ils donnent une indication sur l’état des organes. L’exploitation de ces caractéristiques permet d’identifier les patients les plus exposés au risque de cancer ou de décompensation.

A propos de l’AP-HP : L’AP-HP est un centre hospitalier universitaire de renommée mondiale et à dimension européenne. Elle est organisée en six groupes hospitalo-universitaires (AP-HP. Centre – Université Paris Cité ; AP-HP. Sorbonne Université ; AP-HP. Nord – Université Paris Cité ; AP-HP. Université Paris Saclay ; AP-HP. Henri CHU Mondor et CHU AP-HP Paris Seine-Saint-Denis) et est implanté dans cinq universités d’Ile-de-France. Les 38 hôpitaux accueillent chaque année 8,3 millions de malades : en consultation, aux urgences, lors d’hospitalisations programmées ou lors d’un séjour hospitalier à domicile. Assurer à tous des soins de santé publics 24 heures sur 24, c’est pour elle à la fois un devoir et une fierté. L’AP-HP est le premier employeur d’Ile de France : elle emploie 100 000 personnes – médecins, chercheurs, paramédicaux, personnels administratifs et ouvriers. http://www.aphp.fr
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