La Chambre Régionale des Comptes d’Occitanie (CRC) a examiné la gestion de l’Accord Interdépartemental de Lutte contre les Moustiques du Littoral Méditerranéen, EID-Med. Un rapport de 56 pages appelant à la cohérence dans la gestion de la lutte contre les moustiques des marais et les moustiques tigres.

En fin de compte, peu importe quel moustique l’a piqué ? Est-ce celui des marécages, à l’apéritif, installés dans nos zones humides depuis des millénaires ? Ou par ce petit nouveau, plus petit et plus ennuyeux, le moustique tigre, arrivé dans notre région il y a une vingtaine d’années ? Pour le grand public, l’EID-Med, l’Accord Interdépartemental de Lutte contre les Moustiques en Méditerranée, s’occupe de la lutte contre ce ravageur. Sans distinction…

Mais ce n’est pas si simple dans le détail. C’est ce que confirme le rapport de la Chambre régionale des comptes d’Occitanie, qui a examiné la gestion de cette grande institution. Créé en 1959 lorsque le général de Gaulle souhaita créer des stations balnéaires du littoral languedocien sur ces anciens marais alors inaccessibles.

Une mission historique perturbée par l’invasion du moustique tigre

65 ans après, la mission de l’EID-Med reste essentielle pour près de 2 millions d’habitants, pour le développement touristique de la région des cinq départements du littoral méditerranéen ((Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Bouches-du-Rhône) qui constitue le syndicat mixte, auquel il convient d’ajouter les adhérents de la région Occitanie.

Les comptes sont bons, assure la CRC Occitanie au moment d’utiliser les 10 millions d’euros annuels d’argent public. « Mais les missions historiques de l’EID-Med sont perturbées par l’invasion du moustique tigre, originaire d’Asie du Sud-Est »note l’un des magistrats de la CRC. “C’est très efficace contre le moustique des marais, La présidente Valérie Renet résume : concernant le moustique tigre c’est l’entrée qui pourrait faire mieux”.

Le rapport souligne la différence de traitement : en avion en pulvérisant un biocide sur les larves pour lutter contre le moustique des marais. Une technique qui “ne peut s’appliquer à la lutte contre le moustique tigre”, une espèce très envahissante qui aime vivre en ville. Et il se multiplie grâce à de très petites quantités d’eau.

« Ne fragilisez pas votre cœur de métier »

MI a donc principalement pour vocation d’informer le grand public. Et mène une action curative dans le cadre de la lutte anti-vectorielle. Lorsqu’un cas d’infection par un virus transmis par le moustique tigre est détecté. Une mission confiée aux Agences régionales de santé (ARS), sorte de préfecture sanitaire de l’État. Lesquels sont soumis aux règles des marchés publics, dans un marché devenu concurrentiel. Et comme personne n’est prophète dans son pays, l’EID-Med n’a pas de marché de lutte anti-vectorielle en Occitanie, mais il en a en Paca.

Ou « Les gens ne comprennent pas qu’une espèce de moustique est traitée au niveau régional et une autre par l’État », note l’expert Didier Fontenille. Ce qui rend EID-Med capable « s’intéresser à tous les moustiques, sans distinction ».

Le CRC regrette que MI « mobilise des ressources financières » dans la lutte contre le tigre tout en utilisant l’argent « statut dédié à sa mission historique et essentielle de démoustication côtière ». Et encourage un accord interministériel pour redéfinir ce “les conditions de réalisation de cette mission, son étendue et les moyens financiers qu’elle pourra y consacrer sans fragiliser le noyau de son métier”.

Repenser la stratégie EID-Med

D’autant que l’établissement dispose d’un laboratoire très performant qui permet de se renseigner sur tous les nuisibles : « Malgré les efforts de recherche et d’expérimentation en cours, il n’existe actuellement aucune solution collective éprouvée pour réduire efficacement les nuisances causées par le moustique tigre »regrette Christophe Morgo, le président de MI dans sa réponse au CRC.

Alors doit-elle se concentrer sur sa mission historique ou utiliser son expertise pour lutter également contre le moustique tigre ? Christophe Morgo se dit prêt « repenser ses stratégies, explorer de nouvelles approches et trouver le bon endroit pour accompagner ces évolutions. » En cette période, une cohérence totale ne devrait pas faire de mal…

Une convention CRC et université pour apporter une expertise

La CRC Occitanie, institution judiciaire et financière, et l’Université de Montpellier ont signé mercredi 3 juillet un accord de coopération pour permettre le déploiement d’experts dans le cadre d’enquêtes sur la juridiction financière. Le thème de la lutte contre les moustiques en Occitanie a fait l’objet de l’intervention de Didier Fontenille, expert international, membre du Covars et directeur de recherche émérite à l’IRD (Institut de recherche pour le développement). “Nous pourrons apporter une expertise sur de nombreux sujets, comme les transports ou les énergies bas carbone”, a déclaré le recteur de l’université Philippe Augé. Valérie Renet, présidente de la CRC Occitanie, a souligné que « ces compétences deviendront de plus en plus nécessaires » pour mieux maîtriser l’usage de l’argent public.

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