Le papier toilette que nous connaissons, relique de l’Antiquité, n’a plus l’aura d’efficacité et d’écologie qui pouvait ou devait l’accompagner. Là-bas pollution plastique, la contamination chimique ou encore sa tendance à piétiner sans vergogne les forêts semblent annoncer la retraite prochaine de notre humble valse. Mais dans cette vie, en dehors du quotidien, qui prendra la relève de celle que nous appréciions autrefois tant ?

De l’Antiquité aux temps modernes, le papier toilette a traversé différentes époques et applications. Sur le sol chinois, des lingettes délicates étaient utilisées pour la propreté personnelle, tandis que les Romains travaillaient avec une éponge humide attachée à un bâton. Les Grecs préféraient la douceur d’une pierre céramique lisse. Il faudra cependant attendre le riche XIXème siècle pour assister à l’arrivée du papier toilette sous sa forme actuelle.

A l’occasion de ce tournant décisif, 1857 Joseph Gayetty bouscule le marché avec son Gayetty’s Medicated Paper, une innovation très en avance sur son temps. Par la suite, des frères et sœurs d’entrepreneurs, comme les frères Scott, se sont emparés de ce créneau et ont déployé les premiers reels, facilitant ainsi leur utilisation et leur diffusion. Ces pionniers n’auraient probablement jamais imaginé que le papier toilette occuperait par la suite une place centrale dans la vie quotidienne des Occidentaux.

Le côté obscur du papier toilette, croyez-moi, ne réside pas seulement dans sa fonction première, mais aussi dans sa fonction impact sur l’environnement. Lorsque les zones les plus luxuriantes suppriment la nature en mendiant de nouvelles fibres, des milliers d’arbres tombent, reflétant la destruction de pans entiers de la biodiversité.

Et qu’en est-il de la faim inextinguible de matières premières ? Car oui, mesdames et messieurs, l’élaboration de cet accessoire mouillé ne nécessite rien de moins qu’une colossale consommation d’eau. Et telle une pièce tragique, l’épilogue dans les égouts ajoute un chapitre sur la pollution chimique, sans oublier que sa tenue plastifiée répand généreusement le tout avec une couche supplémentaire de conséquences environnementales néfastes.

Qu’en est-il du caractère hygiénique que ce terme affiche si fièrement ?

Le fait de se laver entre nous ne l’emporterait-il pas sur l’acte superficiel de simplement essuyer ? S’en tenir au discours marketing consistant à défendre l’indéfendable serait un euphémisme. Car s’il faut se rendre à l’évidence, il n’est pas nécessaire d’être un scientifique pour remarquer les irritations, voire les infections, que les frottements répétés de cet article peuvent provoquer sur nos zones les plus intimes.

Quel sage oserait vous contredire si on vous conseillait de privilégier l’eau et le savon après chaque aventure aux toilettes ? La métaphore est claire : tout comme on ne peut se contenter de papier pour nettoyer la peau délicate d’un enfant, il faut repenser notre approche des produits de toilette pour adultes.

Des cultures diverses, miroirs de pratiques d’hygiène alternatives, nous offrent un témoignage vivant de la diversité des coutumes. Par exemple, l’Inde chérit l’eau et le contact de la main gauche en raison de son poste de toilette. Le Japon, fier de ses lavabos technologiques et sophistiqués, semble nous dire que le progrès arrive aussi à nous. Et à travers les continents, du sable africain aux douchettes coréennes, les méthodes ne manquent pas pour assurer une hygiène impeccable sans recourir au papier toilette traditionnel.

Alors, quel chemin emprunter pour se séparer de ce qui était à l’époque une icône de notre hygiène personnelle ? La solution s’avère plus évidente qu’il n’y paraît : de la douchette discrète au lavabo technologique, en passant par la simplicité retrouvée des lingettes en coton réutilisables, les possibilités sont infinies. Et pourquoi ne pas renouer avec le bidet, cet appareil au charme nostalgique, qui pourrait connaître une seconde vie ?

Alors quand le trône est dépouillé de ses papiers, n’est-ce pas une invitation à la réinvention et à la redécouverte d’une propreté respectueuse de notre terre et de nous-mêmes ?

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By medimax

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