Même si les maladies auto-immunes s’accompagnent souvent de douleurs articulaires ou de problèmes cutanés, certains d’entre eux peuvent également affecter le système nerveux central. Cela est particulièrement vrai pour le lupus, une maladie auto-immune qui peut attaquer de nombreux organes, dont le cerveau, explique Le miroir.

Un diagnostic et un traitement précoces sont essentiels pour limiter les complications. Des chercheurs de l’Université de Cambridge et du King’s College de Londres ont étudié un symptôme inattendu qui pourrait servir de signe d’avertissement : les cauchemars..

Les rêves troubles, un signe avant-coureur ?

Les recherches menées par l’équipe anglo-saxonne se sont appuyées sur des questionnaires et des entretiens auprès de plus d’un millier de personnes, parmi lesquelles des patients souffrant de lupus et d’autres maladies rhumatismales auto-immunes. Les chercheurs se sont intéressés à l’apparition de 29 symptômes neurologiques et psychologiqueset plus particulièrement à leur chronologie par rapport aux foyers de la maladie.

Des résultats surprenants : près de 60 % des patients atteints de lupus ont signalé des troubles du sommeil sous la forme de rêves plus fréquents et plus inquiétants, et ce, juste avant l’apparition des hallucinations. Ce phénomène, également observé chez des patients atteints d’autres maladies auto-immunes, a touché un tiers des participants. Les cauchemars décrits étaient souvent inquiétants et décrivaient des sentiments d’agression, d’enfermement ou d’agressions.

Cauchemars et hallucinations : un lien pour comprendre

Si le lien entre troubles du sommeil et maladies auto-immunes n’est pas encore totalement élucidé, les chercheurs avancent une hypothèse. L’inflammation chronique qui caractérise ces maladies peut affecter certaines parties du cerveau responsables du sommeil et des hallucinations..

Le professeur David D’Cruz, du King’s College de Londres, et co-auteur de l’étude, explique qu’il observe ce phénomène chez ses patients depuis des années. “J’ai longtemps discuté des cauchemars avec mes patients atteints de lupus et je soupçonne qu’il existe un lien avec l’activité de leur maladie. Cette étude conforte cette hypothèse et incite fortement les médecins à s’intéresser à ces symptômes neuropsychiatriques souvent considérés comme rares. alors qu’en fait, ils sont très fréquents dans les maladies auto-immunes systémiques.“, il expliqua.

Un nouvel outil pour un diagnostic précoce ?

Cette découverte ouvre la voie à une meilleure prise en charge des patients atteints de maladies auto-immunes. L’identification de ces symptômes précurseurs permettrait d’anticiper les poussées et d’ajuster plus rapidement le traitement. Le professeur Guy Leschziner, autre auteur de l’étude, souligne l’importance de ces avancées : «C’est la première fois que les cauchemars peuvent nous aider à suivre une maladie auto-immune aussi grave que le lupus. C’est un signal important pour les patients et les médecins, car les troubles du sommeil peuvent nous avertir d’une rechute imminente.

Pour l’instant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et comprendre les mécanismes à l’œuvre. Néanmoins, cette étude passionnante ouvre une nouvelle perspective dans le domaine des maladies auto-immunes et pourrait améliorer la qualité de vie des patients.

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By medimax

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