C’est au-dessus du seuil d’intervention de 10 %. Par ailleurs, la prévalence de la malnutrition aiguë sévère est de 2,9%. Un chiffre supérieur au seuil d’urgence de 2% fixé par l’OMS.

Pour aider les populations à lutter contre la malnutrition et réduire la morbidité et la mortalité des populations vulnérables, Action contre la Faim a innové en déployant pour la première fois au Cameroun l’approche ICCM+, ou Prise en Charge Communautaire Intégrée des Maladies de l’Enfant.

La Prise en Charge Communautaire Intégrée des Maladies de l’Enfant (ICCM+) est une approche adaptée aux zones où l’accès aux soins est difficile en raison de la distance, de l’insécurité ou de l’isolement, comme cela peut être le cas dans l’extrême nord du pays. Cette approche comprend le soutien d’agents de santé communautaires multi-qualifiés au niveau des cases de soins ambulatoires. Cette approche comprend le traitement gratuit des maladies infantiles courantes telles que le paludisme simple, les infections respiratoires aiguës, la diarrhée et la malnutrition aiguë sévère sans complications médicales chez les enfants de moins de cinq ans. ICCM+ vise donc à améliorer l’accès aux soins de santé des populations vulnérables, notamment dans la zone d’intervention d’Action contre la Faim dans le District Sanitaire de Mora dans la région de l’Extrême Nord Cameroun.

Les agents de santé communautaires multifonctionnels sont formés par des formateurs du ministère de la Santé et soutenus par le personnel d’Action contre la Faim pour diagnostiquer et traiter ces maladies. Ils peuvent ensuite fournir ces services dans les cases de santé ambulatoires des communautés où ils travaillent. Si les enfants ne présentent aucun signe de complications, ils ne sont pas orientés vers un établissement de santé pour un diagnostic ou même un traitement. Dans les communautés où les obstacles à l’accès à un établissement de soins de santé sont importants, cette approche constitue une solution efficace pour gérer les maladies infantiles courantes, en élargissant la couverture des soins de santé. Lorsque les agents de santé communautaires multifonctionnels rencontrent des cas présentant des complications médicales, ils les orientent vers le centre de santé le plus proche pour bénéficier de soins adaptés à la gravité de leur état.

Grâce à l’approche ICCM+, 14 567 enfants de moins de cinq ans ont été soignés gratuitement pour des cas simples de paludisme, d’infections respiratoires aiguës, de diarrhée et de malnutrition aiguë sévère de janvier à juin 2023, avec l’intervention de 16 agents de santé communautaires multifonctionnels.

« J’avais l’habitude de passer toute la journée à aller au centre de santé quand il y avait des problèmes de santé dans ma famille et parfois nous ne pouvions pas atteindre l’hôpital (à cause de la distance et de l’insécurité). Nous nous sommes offert des médicaments de village. Depuis que notre agent de santé communautaire a commencé à soigner les enfants du village, nous ne nous rendons au centre de santé que lorsque l’état de santé de l’enfant est grave. explique Tata, mère de trois enfants dans le village reculé de Farka.

Les recherches ICCM+ existantes ont montré que cette approche est bénéfique à plusieurs niveaux :

  • Il augmente la couverture médicale en maintenant une bonne qualité de soins
  • Il s’agit d’un modèle rentable qui permet d’économiser les coûts de traitement et de transport car les patients sont traités tôt au niveau communautaire. Les agents de santé communautaires peuvent ainsi atteindre les enfants plus tôt et prévenir les complications
  • Les enfants bénéficient de soins intégrés

Cette approche contribue de manière significative à la réduction de la mortalité infantile et de la mortalité dans les zones d’intervention où elle est mise en œuvre au Cameroun.

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By medimax

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